mercredi 31 juillet 2013

Un général explosif

Le 7 mars 1793, la France révolutionnaire déclare la guerre à l’Espagne, qui réplique immédiatement par une offensive dans la province du Roussillon. Le général Antonio Ricardos, commandant des troupes espagnoles, connaît au printemps de nombreux succès fulgurants face à l’armée française, puisqu’il occupe en quelques jours le haut Vallespir, puis en deux mois le reste de la vallée du Tech, une grande partie de la vallée de la Têt et va même jusqu’à Rivesaltes. Il résiste durant l’été sans jamais prendre Perpignan, et doit battre en retraite après la bataille de Peyrestortes à la mi-septembre. Le général Dagobert, un temps général en chef de l’Armée des Pyrénées-Orientales, cherche par tous les moyens à couper la retraite des espagnols. Il se dit qu’il serait utile à cet effet de faire sauter à l’explosif le fameux pont du Diable de Céret, celui-ci étant un des principaux points de franchissement du Tech. Il faudra l’intervention en urgence du député à la convention (et ancien maire de Canet) Joseph Cassanyes pour empêcher les divers projets de “vandalisme” du général et sauver le pont, malgré tout très endommagé par les nombreux passages de troupes, espagnoles et françaises, au point de provoquer son affaissement partiel.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Le général Dagobert


Sources :
Pierre Cantaloube, Céret et les ponts du Tech, Les Presses Littéraires, coll. « Le Tech et ses franchissements », 2004, 2e éd., 340 p.
Alicia Marcet i Juncosa , Abrégé d'histoire des terres catalanes du nord, Trabucaire, 2009, 197 p.
Image : Yan' Dargent [Public domain], via Wikimedia Commons



Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?
Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

mardi 30 juillet 2013

Un échange impossible

Le Traité des Pyrénées de 1659 à pour conséquence de faire passer le Roussillon et la majeure partie de la Cerdagne dans le Royaume de France. Les relations des catalans avec leur nouveau roi sont très vite difficiles, alors que Louis XIV cherche à gouverner en monarque absolu, sans tenir des comptes des us et coutumes locaux. Au point pour le nouveau territoire de devenir un fardeau dont il cherche à se débarrasser de nombreuses fois, sans jamais y arriver. Louis XIV souhaite obtenir les Flandres, qui l'intéressent davantage. Il négocie à Vienne, à Madrid, à Londres, propose de rendre le Roussillon, la Cerdagne, la Sicile (prise en 1677), et même plus tard de rajouter si nécessaire quelques petits bouts de Navarre, assortis de surcroît d'une large compensation financière payable annuellement et durant un temps indéterminé. Mais c'est peine perdue, les Espagnols étant encore convaincus à l'époque qu'ils finiraient par récupérer le Roussillon par les armes. En 1679, Louis XIV revient à la charge auprès de Charles II, roi d'Espagne qu'il essaye de convaincre de l'utilité de réunir de nouveau le Roussillon à la Catalogne. Pour preuve de sa bonne volonté, il se dit même prêt à détruire tous les places fortes qu'il a commencé à faire construire par Vauban. La question revient encore en 1701 aux conférences de La Haye, et la réponse est toujours la même : c'est non, et l'échange ne se fera donc jamais, scellant le destin d'un peuple pour les siècles à venir.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Rencontre de Louis XIV et Philippe IV pour le Traité des Pyrénées


Source : Jean Villanove, Histoire populaire des Catalans, tome II, 1979
Image : By Laumosnier (http://www.altesses.eu/imgmax/2d82273f8e.jpg) [Public domain], via Wikimedia Commons


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?
Partagez-la ou laissez-moi un commentaire ! 

lundi 29 juillet 2013

Possession en Cerdagne

En 1873 paraît à Toulouse un curieux ouvrage, intitulé Le Diable révolutionnaire ou Histoire d'une possédée encore vivante, par le comte Reinilom de Sneruab, en réalité un abbé toulousain du nom de Baurens de Molinier. Ce livre est présenté comme étant la traduction du journal tenu par le curé de Llívia, Esteban Marti, concernant le cas d'une femme possédée par le démon. Baurens a lui-même rencontré le curé et divers témoins de la région pour compléter l'analyse de cette possession. Carmen Trasfi est une jeune cerdane qui vient travailler comme servante chez le curé de Llívia en 1868. Très vite, elle est victime de convulsions, de crises d'hystérie, se met à parler latin avec des voix qui ne sont pas la sienne, se pique avec des clous et ne saigne pas, avale des épingles, des punaises, des cailloux, des allumettes par dizaines, qu'elle recrache indemne lorsqu'on lui fait boire de l'eau bénite. Le curé Marti, d'abord incrédule, finit par conclure au cas de possession. Durant huit mois, il pratique exorcisme sur exorcisme, alors que sont cités au moins une vingtaine de démons qui prennent successivement possession de son corps et parlent à travers elle. Certain démons restent quelques jours, d'autres plusieurs semaines. Ils ont nom Alforgas, Barbas, Botas, Xapotis, Malabestia, Silvirvé-Répropri, Barrué-Ferotgé, etc. Partie à Perpignan, Carmen est internée à l'hôpital et subit la camisole de force. Elle s'en va alors à Prades où elle trouvera une situation plus stable au service d'un pharmacien. Les crises cessent brusquement au bout de quatre ans alors qu'elle décide de se vouer à Saint-Joseph, et l'on n'entendit plus jamais parler de Carmen Trasfi.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
La possédée ou l'exorcisme


Source : Reinilom de Sneruab, Le Diable révolutionnaire ou Histoire d'une possédée encore vivant, Toulouse, Hébrail, Durand & Delpuech Editeurs,1873 (à lire ici)
Image : Jacques Callot [Public domain], via Wikimedia Commons


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?

Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

dimanche 28 juillet 2013

Brouillard au Canigou

Le pyrénéiste franco-anglais Henry Russell (1834-1909) est connu pour ses  premières ascensions de quantité de sommets pyrénéens. Il est notamment le premier à monter au sommet du Vignemale en hiver (en 1869) et deviendra un inconditionnel de cette montagne. Dans notre département il est le premier à faire l'ascension en 1864, en solo de surcroît, du pic Carlit (2921 m) dont la vision, conjuguée à celle du lac de Lanoux, le fascine. En comparaison, Russell garde un mauvais souvenir de l'ascension du Puigmal, qu'il trouve longue et monotone. Il qualifie celle du Canigou de facile, mais pénible sur la longueur puisque le dénivelé est important et effectue l'aller-retour au sommet en partant de Vernet en dix heures. Plus surprenant, il compare le Canigou à la ville anglaise de Manchester, n'ayant jamais pu voir la vue lors de ses montées successives, toujours bouchée par les nuages. Il contribue enfin à populariser une invention de son ami Charles Packe, plus qu'utile en montagne, le sac de couchage (alors en peaux de moutons cousues entre elles). Un sommet a été nommé en son honneur, le pic Russell, dans les Pyrénées aragonaises.


Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Le comte Henry Russell

Source : Henry Russell, Souvenirs d'un montagnard, Vignancour, 1878 (à lire ici)
Photo : Inconnu (http://www.pyrenees-passion.info/henry_russell.php) [Public domain], via Wikimedia Commons


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?
Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

samedi 27 juillet 2013

Un cloître en double

Il est du destin des vieux bâtiments en ruine de finir démontés, les habitants des environs ne se privant généralement pas pour réutiliser les matériaux. C'est ainsi que l'on retrouve les colonnes du cloître de Saint-Martin-du-Canigou dans les constructions de Casteil ou de Vernet-les-Bains. Ces vestiges ont également souvent été vendus à des antiquaires ou des collectionneurs, tels ceux de Saint-Michel-de-Cuxa expédiés en Amérique. Le cloître de Saint-Génis-des-Fontaines, quant à lui, appartenait à différents propriétaires, dont plusieurs décidèrent de vendre.  Paul Gouvert, antiquaire parisien, s'en porte acquéreur en 1924. Gouvert est un spécialiste des vieilles pierres qu'il achète et revend un peu partout, à une époque où nombre de monuments n'étaient pas encore protégés. Il vend par exemple les colonnes de l'abbaye de Berdoues (Gers) au maréchal Goering qui souhaitait les avoir dans sa propriété en Allemagne. Concernant Saint-Génis, Gouvert ne peut en emporter que les trois-quarts et se retrouve avec deux clients. Qu'importe, Gouvert sculpte lui-même 23 chapiteaux supplémentaires, dans le plus pur style roman et en véritable marbre rose de Villefranche-de-Conflent . Cela lui permet de disposer de deux cloîtres qu'il vend alors aux États-Unis et en France. Par chance, la plupart des faux sont partis à Philadelphie et l''état Français rachètera plus tard en France la majeure partie de ce monument que l'on peut de nos jours admirer dans son emplacement d'origine.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Colonnes et chapiteaux de Saint-Génis-des-Fontaines



Sources :
Géraldine Mallet, Églises romanes oubliées du Roussillon, Les Presses du Languedoc, 2003

Olivier Poisson, L'abbaye de Saint-Génis des Fontaines, Le Publicateur, 1989
Photo : LeZibou [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html), CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/) ou CC-BY-SA-2.5-2.0-1.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.5-2.0-1.0)], via Wikimedia Commons


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?
Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

vendredi 26 juillet 2013

Du poison à la prison

La fameuse affaire des poisons est une série de scandales ayant révélé des séries d’empoisonnements dans les milieux aristocrates sous le règne de Louis XIV, de 1679 à 1682. La plupart des membres de la noblesse impliqués sont jugés et exécutés de toutes les manières possibles, la cruauté des châtiments ayant atteint des sommets en ces temps-là. Il en est autrement pour leurs complices plus ou moins coupables, issus pour la plupart du peuple et donc indignes d’êtres condamnés à mort. Il y avait là des femmes de chambre,  valets, blanchisseuses, ainsi que quelques magiciennes et fabricantes de poisons bien sûr, mais tous étaient de basse condition. De manière assez expéditive, et afin de limiter le scandale, il est décidé de faire enfermer à vie tous ces gens, sans autre forme de procès. Parmi ces malheureux (des femmes essentiellement), trente-deux sont envoyés dans la province du Roussillon, française depuis peu, et répartis entre les forts de Salses, Libéria (à Villefranche-de-Conflent) et Fort-les-Bains (aujourd’hui Amélie-les-Bains). Malgré des conditions de détention spartiates, beaucoup survivront trente ou quarante ans, mais aucun ne sera jamais libéré. La dernière prisonnière meurt en 1725 après quarante-deux ans de captivité et alors que Louis XIV a fait brûler tous les dossiers concernant cette affaire en 1709 afin de lui assurer un "éternel oubli". 

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
La marquise de Brinvilliers, à l'origine de l'affaire



Source : Jean Capeille, « La Chappelain », dans Dictionnaire de biographies roussillonnaises, Perpignan, 1914
Image : Charles Le Brun (dessin de 1676)  [Public domain], via Wikimedia Commons



Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?
Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

jeudi 25 juillet 2013

Droit de passage

Lorsqu’en 218 avant J.C., Hannibal Barca le carthaginois décide d’entamer sa longue marche vers Rome avec son armée et ses éléphants, il doit franchir les Pyrénées. Grâce à l’historien romain Tite-Live, né près d’un siècle et demi après les événements, nous avons quelques détails de la rencontre entre Hannibal et les peuples de la région, alors occupée dans la plaine par les Sordes, que Tite-Live qualifie de gaulois. Avec près de 100 000 hommes à faire passer, Hannibal a probablement divisé son armée entre les différents cols de la région (Panissars, Perthus, Banyuls, Cerbère). Réunie dans la plaine, l’armée stationne près d’Illibéris (actuelle Elne) et est immédiatement remarquée par les “petits rois” locaux qui se réunissent à Ruscino (actuel Château-Roussillon) pour discuter de la conduite à adopter. Hannibal souhaite éviter tout conflit et envoie un émissaire auprès des Sordes, en leur faisant comprendre tout de même que s’ils ne se déplacent pas, c’est lui qui viendra à eux. Une rencontre a donc lieu à Illiberis au cours de laquelle Hannibal gagne son droit de passage devant Ruscino par de nombreux présents et son armée poursuit alors sa route vers le Rhône.

 
Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Statue d'Hannibal par Sébastien Slodtz


Sources : Tite-Live + Jean Sagnes (dir.), Le pays catalan, t. 1, Pau, Société nouvelle d'éditions régionales, 1983, 1-573 p.
Photo : Par Thesupermat (Travail personnel) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?
Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

mercredi 24 juillet 2013

Un casting osé

Surfant sur la vague libératrice des années post-68, Jean-Claude Dague, déjà réalisateur d'un polar un peu raté (Le Bal des voyous, 1967) et d'une comédie pas très drôle (Poussez pas grand-père dans les cactus, 1968) décide de s'attaquer à la production d'un film érotique. Il choisit de le tourner à Banyuls-sur-Mer et à Port-Vendres, et se met en tête de trouver sur place l'actrice principale de son film. Début septembre 1969, un casting est donc organisé à Banyuls.  Une première sélection de candidates se révélant infructueuse, un appel est lancé dans L'Indépendant puis un deuxième casting organisé à Perpignan, sans succès. De surcroît, les pressions familiales exercées sur les quelques actrices potentielles entraînent leur désistement. Il faut dire que le titre du film, Désirella, annonce tout un programme, puisqu'il est question dans le scénario de jeux croisés entre un couple de lesbiennes et deux hommes qui viennent à leur rencontre. Il n'est donc pas facile dans ces conditions de trouver une jeune fille prête à se compromettre dans cette aventure. En définitive, Jean-Claude Dague abandonne son idée de lancer une starlette locale et finit par recruter Sabine Sun, une jeune actrice à la filmographie déjà conséquente et que ce genre de projet n'effraie pas. Le film, sorti en 1970, n'est pas une réussite et n'a d'intérêt aujourd'hui que pour les beaux paysages du département que l'on peut y voir.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
L'affiche du film Désirella

Source : Jean-Noël Grando, 100 ans de cinéma en Pyrénées-Orientales : Histoires et secrets de tournages, Perpignan, Mare nostrum, 2010
Image : Cinéma français.fr



Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?
Partagez-la ou laissez-moi un commentaire ! 

mardi 23 juillet 2013

Une commune créée deux fois

Avant de devenir la ville commerçante que l'on connaît aujourd'hui, Le Perthus n'était qu'un petit hameau frontalier. Mentionné dès 1306, Pertusium est au moyen-âge une paroisse de 80 âmes, propriété des comtes de Roussillon et d'Empuries. Au 19ème siècle, le village s'est depuis agrandi et il est décidé en février 1837 de fusionner les communes de L'Albère (canton d'Argelès) et de L'Écluse (canton de Céret, aujourd'hui Les Cluses) afin de former une nouvelle commune sous le nom de Perthus. Les protestations des habitants des deux communes sont telles qu'elles sont de nouveau séparées dès le mois de novembre de la même année. Mais les autorités ne perdent pas de vue leur  idée de fusion, et il est finalement décidé une dizaine d'années plus tard de détacher un petit bout seulement de chacune des deux communes afin de créer un nouveau territoire de 427 hectares. Le 29 avril 1851 naît officiellement Le Perthus, nouvelle commune rattachée au canton de Céret.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Vue du Perthus


Sources :
Jean Sagnes (dir.), Le pays catalan, t. 2, Pau, Société nouvelle d'éditions régionales, 1985
Jean-Pierre Pélissier, Paroisses et communes de France : Pyrénées-Orientales, Paris, CNRS, 1986
Photo : Par Toniher (photo taken by Toniher) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html), CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/) ou CC-BY-SA-1.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/1.0)], via Wikimedia Commons


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ? Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

lundi 22 juillet 2013

Des idées lumineuses

Louis Boutan (1859-1934) est un biologiste français spécialiste des mollusques. Après plusieurs voyages à travers le monde, il est invité pour la première fois en 1884 à Banyuls-sur-Mer par le professeur Henri de Lacaze-Duthiers, fondateur du laboratoire Arago. Après plusieurs étés passés à y étudier la biologie marine, grandit la frustration de ne pouvoir ramener des images de ses observations. Louis Boutan demande alors à son frère Auguste, ingénieur, de l'aider à concevoir un appareil photo étanche à l'eau de mer. Les premières photographies sous-marines du monde sont prises à Banyuls en 1893, valant à Boutan une renommée planétaire immédiate dans le monde scientifique. Il apprend les techniques de la plongée en scaphandre et améliore alors le procédé afin que l'appareil résiste à la pression pour pouvoir prendre des photos en profondeur. Confronté au problème de la lumière, il invente ensuite le premier flash sous-marin puis développe une lampe capable d'éclairer durablement et de manière dirigée sous l'eau. Enfin, il sera également à l'origine d'un système de prises de photos à distance, grâce à un électro-aimant, qui lui permet de prendre des photos à plus de cinquante mètres de profondeur.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Photo prise en 1899 par Louis Boutan à Banyuls-sur-Mer

Sources : Jean Rifa et Patrice Teisseire-Dufour, Des hommes et le Roussillon, Canet-en-Roussillon, Trabucaïre, 2004, 331 p. + Wikibooks
Photo : Par Louis Boutan (Spiridon Manoliu's pictures) [Public domain], via Wikimedia Commons


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ? Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

dimanche 21 juillet 2013

À vélo dans les PO

Depuis 1947, le Tour de France cycliste passe de manière irrégulière dans les Pyrénées-Orientales, la plupart du temps à Perpignan, en ville d'arrivée ou de départ. Il y aussi eu quelques passages par Canet (1968),  Thuir (1973) ou Port-Barcarès (1976) et bien sûr des étapes de montagne au départ de Font-Romeu (1968, 1976) ou d'arrivée à Bolquère (1973, 1976). Au total, une petite dizaine de passages dans le département. Et pourtant, on oublie que nos aïeux d'avant-guerre ont dû, eux, grandir avec le passage régulier du Tour dans nos contrées : 25 arrivées à Perpignan de 1910 à 1938, soit quasiment tous les ans ! Qui se souvient aujourd'hui de Jean Alavoine, quatre fois vainqueur à Perpignan, de Georges Paulmier, Charles Pélissier, André Leducq ou Eugène Archambault ? Le tracé du Tour correspondait jadis à un vrai "tour" de France, et les villes frontalières étaient donc quasiment sûres d'être sur le parcours chaque année, d'autant plus si elles se situaient dans un "coin" de la carte, telles Perpignan, Bayonne, Nice ou Belfort. Aujourd'hui, le Tour ne cherche plus les coins, mais certains se souviennent peut-être encore de ces anciens champions.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Jean Alavoine

Source : Wikipédia + LeTour.fr
Photo : Anonyme [Public domain], via Wikimedia Commons


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?
Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

samedi 20 juillet 2013

Allah au palais

Lorsque Jacques II de Majorque entame la construction de son palais à Perpignan à la fin du XIIIème siècle, c'est la mise en route d'un important chantier. Les ouvriers viennent de tous horizons, recrutés pour leurs compétences et indépendamment de leurs origines ou confessions. Il ne faut donc pas s'étonner de trouver de nombreuses influences dans le palais de l'art mudéjar, du nom donné aux musulmans vivant jadis en terres chrétiennes. On trouve dans la chapelle du palais elle-même plusieurs inscriptions en arabe, peintes de manière stylisée, tantôt pour "Allah" ou d'autres formules telles que "Au nom de Dieu" ou "Il n'est de Dieu que Dieu". D'autres formules ou motifs arabisants apparaissent dans les différentes parties du château : plafonds, appartements de la reine, escaliers... Le cas du palais n'est pas unique. On retrouve des inscriptions arabes similaires en divers endroits du département, par exemple sur le clocher de Prades, sur une stèle funéraire à Saint-André, ou encore à la commanderie des Templiers du Mas Deu de Trouillas.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Décor et inscription peints dans la chapelle
Source : Jean Reynal, Jean-Philippe Alazet et Michel Castillo, Le palais des rois de Mallorca, Canet-en-Roussillon, Trabucaïre, 2010, 187 p.
Photo : Par ZohaStel (Travail personnel) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ? Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

vendredi 19 juillet 2013

Un médecin trop zélé

Une épidémie de peste touche Céret de 1651 à 1655, faisant au total une centaine de victimes. Les candidats pour soigner les malades ou enterrer les morts sont, de manière compréhensible, peu nombreux et il faut parfois désigner des personnes d'office, certains ayant fui la ville par crainte de la contagion. Céret compte alors autour de 2000 habitants dont un médecin, trois chirurgiens et deux apothicaires. Un médecin de Gérone est appelé en renfort, mais il repart à peine arrivé après que des soldats lui aient volé tout son équipement. L'épidémie se poursuivant, tout le monde, soignants compris, finit par être assigné à résidence afin d'empêcher la propagation de la maladie. On fait alors appel à Maître Barthélémy Bénaset, médecin à Thuir, afin d'aider aux soins et aux enterrements. Passant en réalité plus de temps dans les tavernes qu'auprès des malades et donc souvent ivre, il ne soigne personne, abandonne des morts n'importe où et finit même par enterrer des malades avant qu'ils ne soient réellement décédés. Destitué de sa charge, il ose porter plainte, mais les consuls de Céret confirmeront le jugement et il sera remplacé par un autre médecin, cette fois-ci tout à fait convenable.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Ancienne tenue de protection des médecins contre la peste (XVIIème siècle)


Source : Pierre Cantaloube, Céret et les ponts du Tech, Saint-Estève (Pyrénées-Orientales), Les Presses Littéraires, coll. « Le Tech et ses franchissements », 2004, 2e éd., 340 p.
Photo : Par Juan Antonio Ruiz Rivas (Enciclopedia Libre en Español) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) ou CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/)], via Wikimedia Commons

Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ? Partagez-la ou laissez-moi un commentaire ! 

jeudi 18 juillet 2013

Une faillite retentissante

Adolphe Amouroux (1836-1886) est un ancien notaire, jadis conseiller municipal à Perpignan. Partisan de l'ordre dès son plus jeune âge, il accepte sans sourciller le coup d'état de Louis-Napoléon Bonaparte en 1852 mais tente de relancer le mouvement royaliste dans le département dès la chute du Second Empire en 1870. Ses espoirs seront déçus et sa carrière politique n'est pas un franc succès. Amouroux est en fait resté célèbre pour une toute autre affaire. Sa fonction de notaire lui permet à l'époque de réaliser des crédits pour ses clients par le biais de son étude. Financier peu avisé, il investit massivement dans l'Union générale, une banque créée à Lyon en 1875 et soutenue par les milieux  monarchistes catholiques. Après de nombreux investissements malheureux et une spéculation abusive, l'Union générale fait faillite dès 1882, relançant l'antisémitisme dans le département, certains avançant la théorie d'un complot des banques "juives". La chute d'Amouroux entraîne celle de plus de deux cent épargnants des Pyrénées-Orientales, en particulier dans le milieu agricole, et touche aussi de nombreuses personnalités parmi lesquelles l'industriel Pierre Bardou-Job ou le propriétaire terrien Charles de Lazerme. Laissant un passif de plus de 4 millions de francs, Amouroux s'enfuit en Espagne et est condamné par contumace à 10 ans de prison. Il change alors son nom pour Arnaud Albert et s'enfuit au Guatemala où il meurt en 1886.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Caricature du Comte de Chambord, victime de la faillite de l'Union générale
Source : Gérard Bonet, Denis Corratger et Nicolas Marty, « Amouroux (Charles, Joseph, Adolphe) », dans Nouveau Dictionnaire de Biographies Roussillonnaises 1789-2011, vol. 1 Pouvoirs et société, t. 1 (A-L), Perpignan, Publications de l'olivier, 2011, 699 p.
Photo : Claude Guillaumin [Public domain], via Wikimedia Commons



Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ? Partagez-la ou laissez-moi un commentaire ! 

mercredi 17 juillet 2013

Le meurtre n'a pas eu lieu

Guillem de Cabestany est un des troubadours catalans les plus connus, à la fois pour la qualité de son style et sa virtuosité de composition. Seules neuf de ses chansons nous sont parvenues mais de nombreuses imitations par d'autres troubadours prouvent sa popularité à l'époque. On sait peu de choses vérifiables sur sa vie, en dehors du fait qu'il a probablement participé en 1212 aux côtés de Pierre II d'Aragon à la bataille de Las Navas de Tolosa (Andalousie) contre les Almohades. Mais Guillem de Cabestany est en fait surtout resté célèbre pour les circonstances de sa mort. Chantant sans fin son amour pour la belle Saurimonda, Guillem s'attire les foudres du mari jaloux, le méchant Raimon, seigneur de Château-Roussillon, qui décide de le tuer. Il lui coupe la tête, arrache le cœur, le fait rôtir et le sert à son épouse. Une fois dégusté, Raimon lui révèle l'ingrédient principal de son repas. Désespérée, Saurimonda se jette alors par la fenêtre du château et se tue. On sait en réalité que Saurimonda s'est séparée de Raimon puis remariée en 1210 tandis que Raimon vit paisiblement dans son château jusque vers 1218, pendant que Guillem guerroie contre les arabes. Ce meurtre n'a donc jamais eu lieu. Toutefois, cet aspect romantique de la vie de Guillem de Cabestany aura contribué à le faire connaître, notamment grâce à Stendhal qui en aura écrit une nouvelle dans De l'Amour (1822).

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Guillem de Cabestany
Source : Michel Adroher, Les Troubadours roussillonnais, Pézilla-la-Rivière, Publications de l'olivier, coll. « Littérature », 2012, 343 p.
Photo : BnF ms. 12473 fol. 89v (Bibliothèque nationale de France) [Public domain], via Wikimedia Commons



Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ? Partagez-la ou laissez-moi un commentaire ! 

mardi 16 juillet 2013

Transports incommodes

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Une tartane
L'état des routes dans le département des Pyrénées-Orientales reste dans l'ensemble très précaire jusqu'à la première moitié du 19ème siècle. On y circule le plus souvent à pied, à dos d'âne ou de mule, voire en charrette. Quelques routes sont praticables par les diligences. La plupart du temps, toutefois, les routes étant trop mauvaises où trop étroites, on préférait utiliser la tartane, petit chariot à deux roues typique des pays catalans et couvert d'une bâche fixée sur des arceaux. Les commentaires de l'époque à son égard sont rarement élogieux. On apprend par exemple à propos de la tartane effectuant le trajet entre Perpignan et Ille-sur-Têt que l'on s'y entassait à quinze là où il n'y avait de la place que pour huit et que la paillasse de foin n'était changée qu'à partir du moment où l'odeur de fumier devenait vraiment insupportable. L'état des routes rendait le voyage tellement agité qu'il était courant pour les voyageurs d'être victimes d'un véritable mal de mer et de "rendre" leur repas lorsqu'ils arrivaient enfin à destination. Quand on sait qu'il fallait à l'époque cinq heures minimum pour se rendre de Perpignan à Arles-sur-Tech, six pour se rendre à Prades ou trois heures simplement pour aller à Collioure, on peut penser que personne de nos jours ne regrette vraiment les tartanes d'antan.

Source : Pousthomis, Caucanas & Rosset, Les routes en Roussillon, Perpignan, Direction des Services d'Archives, 1986.
Photo : Frivière, via WikiCommons 


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ? Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

lundi 15 juillet 2013

Un fossile vivant au Canigou

Telema tenella est une petite araignée de 1,5 à 2 mm de long qui ne vit nulle part ailleurs dans le monde que dans les grottes et mines du massif du Canigou, des deux côtés de la frontière (notamment vers Montferrer et La Preste). Comme nombre d'espèces cavernicoles, elle ne possède pas de paire d'yeux. Elle est également privée de poumons mais possède par contre un appareil reproducteur remarquable, notamment chez la femelle. Seule représentante de sa famille en Europe, Telema tenella peut aussi être considérée comme un fossile vivant. Ses ancêtres ont connu des climats tropicaux de l'ère tertiaire et se sont par la suite réfugiés dans les grottes lors des divers refroidissement du climat, seul environnement où elle survit depuis et où elle s'est parfaitement adaptée. Pour preuve, l'exceptionnelle longévité des individus qui caractérise cette espèce : presque 4 ans de l'oeuf jusqu'à la dernière mue, puis encore 12 ans à l'âge adulte, soit un total de 16 ans. On l'aura compris, Telema tenella ne mesure peut-être que 2 mm mais c'est une dure-à-cuire ! C'est néanmoins une espèce protégée vivant dans un environnement fragile, on prendra donc soin de ne pas aller la déranger.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Telema tenella

Source : Entoflorachne
Photo: Par Enric Planas [CC-BY-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/3.0)], via Wikimedia Commons 


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?
Partagez-la ou laissez-moi un commentaire ! 

dimanche 14 juillet 2013

Le droit de mule

Depuis le moyen-âge il était d’usage d’offrir une mule au nouvel abbé de Saint-Martin-du-Canigou lors de sa première entrée dans l’abbaye (aujourd’hui située sur la commune de Casteil). Cet usage se transforme par la suite en obligation, à la charge des habitants des paroisses liées à l’abbaye, que l’on qualifia de droit de mule. Afin d’éviter de se voir offrir de vieilles mules rachitiques à chaque nouvel abbé, il est décidé d’imposer à la place le paiement d’une somme de quarante livres barcelonaises. En 1434, suite aux ravages de la peste, un accord est trouvé pour réduire cette somme à cinq livres. Le nouvel abbé qui s’installe en 1698 rétablit, malgré les protestations, le seuil de quarante livres que les habitants doivent subir jusqu’à la sécularisation de l’abbaye en 1783. De nos jours, abbés et mulets ont disparu du paysage de Saint-Martin-du-Canigou, mais l'abbaye est tours là.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
L'entrée de l'abbaye


Source : Enric Parisel, Au temps des mulets en Roussillon, Les Presses Littéraires, 2003
Photo : Par LeZibou (Travail personnel) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html), CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/) ou CC-BY-2.5 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.5)], via Wikimedia Commons 


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?

Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

samedi 13 juillet 2013

Prophétie de meurtre

Constant Ier (v. 320-350), empereur romain et fils de Constantin Ier, n'eut pas un règne facile. Il eu fort à faire avec des invasions de  barbares en tous genres, des rivalités avec ses frères co-empereurs, ainsi que des soulèvements récurrents de divers usurpateurs. Certains historiens de l'époque racontent qu'à sa naissance son père consulta les astrologues à son sujet. Ceux-ci prédirent que Constant mourrait dans les bras de sa grand-mère, Hélène. Mère de Constantin, Hélène est restée célèbre notamment pour avoir découvert la "Vraie Croix" et les clous de la Crucifixion, et elle fut canonisée par la suite. Concernant Constant, Hélène étant morte vers 330, celui-ci pouvait se croire à l'abri de la prophétie. C'était sans compter sur la révolte de Magnence, ancien esclave de Constant et capitaine de sa propre garde impériale. Devenu général en chef des armées du Rhin, Magnence se proclame empereur et décide d'en finir avec Constant, qui tente alors de s'enfuir vers l'Hispanie (actuelle Espagne). Rattrapé à Castrum Helenae (devenu Héléné, puis aujourd'hui Elne), Constant y meurt assassiné par les hommes de Magnence. Or, il semblerait justement que l'antique cité d'Illibéris ait été renommée en l'honneur de sa grand-mère, soit par Constantin pour honorer sa mère, soit par les habitants en l'honneur de la sainte désormais vénérée dans tout l'empire. Quoi qu'il en soit, la prophétie malheureuse aura trouvé son achèvement et Constant 1er meurt alors qu'il a à peine trente ans... dans les "bras" de sa grand-mère.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Constant Ier

Source : Jean Sagnes (dir.), Le pays catalan, t. 1, Pau, Société nouvelle d'éditions régionales, 1983, 1-573 p.
Photo : Par Inconnu (Jastrow (2005) [Public domain], via Wikimedia Commons


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?

Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

jeudi 11 juillet 2013

Moeurs légères en bord de mer

Considérant qu’il est urgent de remédier aux indécences qui se commettent sur la plage de Canet pendant la saison des bains de mer, Julien Canal, maire de Canet en 1854, décide de réglementer la baignade. Les hommes doivent désormais impérativement porter un caleçon et les femmes des jupes. Ils doivent également utiliser les baraques portatives placées sur le littoral pour se changer. Le maire précise également que  les bains des hommes seront séparés et éloignés de ceux des femmes et qu’ils se baigneront à une distance des baraques d’environ cent mètres. Les hommes se placeront sur la gauche et les femmes sur la droite et, à cet effet, il sera placé deux piquets apparents que les baigneurs ne pourront jamais dépasser. Voilà bien un arrêté municipal que l’on ne pourrait plus faire respecter de nos jours...

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Exemple de cabines de plage et jupes de baignade en 1863


Source : Robert Saut, Canet-en-Roussillon : regards sur 3000 ans d'histoire, Les Amis du vieux Canet, 1991
Image : La Plage de Granville, tableau d'Eugène Isabey, 1863 (via Philippe Alès on WikiCommons) 


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?

Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

mercredi 10 juillet 2013

Le pouvoir de l'eau

Dans leur Guide aux Pyrénées paru dans sa troisième édition en 1846, les auteurs Richard et Quetin nous parlent des sources thermales des Pyrénées-Orientales. Prenons connaissance de leurs observations générales.

Les eaux sulfureuses des Pyrénées-Orientales sont employées avec succès dans les maladies suivantes :

Rhumatismes, catarrhes de la vessie, gravelle, scrofules, phtisie muqueuse, leucorrhées, diarrhées atoniques, hémoptysie, hématurie, atonie des organes, débilité de la constitution, spasmes, etc. ; fausses ankyloses, douleurs des articulations, rétraction des membres, paralysies, etc.

Avec un tel éventail de propriétés bénéfiques, il ne devrait plus y avoir un seul malade dans le département.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?

Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

mardi 9 juillet 2013

32 ans pour être mis au courant

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Las Illas

La commune de Las Illas, fusionnée depuis 1972 avec les communes de Maureillas et Riunoguès, n'a été reliée au réseau électrique qu'en 1955 après trente-deux ans d'attente.

Après une première délibération du conseil municipal en 1923 émettant le souhait d'être relié au réseau électrique, un projet est présenté par le maire en 1932. Validé par le sous-préfet, celui-ci reste malgré tout sans suite. Un nouveau projet présenté par une société privée en 1935 est approuvé par le conseil municipal mais reste également lettre morte faute de moyens. Un syndicat intercommunal est alors créé en 1938 afin de mutualiser les efforts. La guerre de 1939-1945 brise fatalement ce nouvel élan. La paix revenue, le syndicat intercommunal relance le projet, mais il faut attendre encore dix ans pour que la préfecture valide le projet d'EDF destiné à électrifier Las Illas et ses hameaux environnants. Le courant circule enfin à partir du 26 juillet 1955.

Source : Pierre Cantaloube, Las Illas, Riunoguès, Maureillas et la fusion des trois communes, 2001
Photo : Fabricio Cardenas


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?

Partagez-la ou laissez-moi un commentaire ! 

lundi 8 juillet 2013

Une reine à Amélie-les-Bains

La commune d’Amélie-les-Bains, réputée pour ses sources thermales depuis l’antiquité, s’appelait à l’origine Les Bains d’Arles, étant située à proximité d’Arles-sur-Tech. Suite à la construction d’un fort en 1670, elle prend le nom de Fort-les-Bains. En 1840, l’établissement thermal est construit. Il est alors décidé de rendre hommage à Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, épouse de Louis-Philippe 1er, roi des Français, et la ville prend le nom d’Amélie-les-Bains. En 1848, la reine visite la ville, qu’elle apprécie et pour laquelle elle fera alors une promotion enthousiaste.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
La reine Amélie, agée

Sources :
Jean Sagnes (dir.), Le pays catalan, t. 2, Pau, Société nouvelle d'éditions régionales, 1985
Yves Hoffmann, Vallespir : Pays des traditions catalanes, Font-Romeu, I.S.O., 1991 
Photo : Antoine Claudet (1797-1867), via Wikimedia Commons


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?

Partagez-la ou laissez-moi un commentaire ! 

dimanche 7 juillet 2013

Le premier établissement pour baigneurs

Le premier établissement pour baigneurs de la côte est ouvert en 1849 à Canet-les-Bains (aujourd'hui Canet-en-Roussillon). Créé par Louise Lombard, femme veuve avec trois enfants, il poursuit son activité vingt-trois ans durant malgré la concurrence et proposait tous les services nécessaires aux touristes de cette époque, bar, restauration, hôtellerie, écurie et remise. Bien qu'injustement oubliée aujourd'hui, Louise Lombard peut être considérée comme une des pionnières du tourisme dans notre département.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
La plage de Canet-en-Roussillon

Source : Françoise Birkui, Le Matrimoine catalan : 66 femmes, Canet-en-Roussillon, Trabucaïre, 2013
Photo : Par Michiel1972 (Travail personnel) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) ou CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/)], via Wikimedia Commons 


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?

Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

vendredi 5 juillet 2013

De nombreux sites mégalithiques

Il y a dans le département des Pyrénées-Orientales 148 dolmens et 4 menhirs. Le dolmen de Castelló est le dernier a avoir été découvert, en 2011, sur la commune de Prats-de-Mollo-la-Preste et le plus grand est le Balma de Na Cristiana sur la commune de L'Albère


Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Le Balma de Na Cristiana


Photo : Par El Caro (Travail personnel) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?

Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !

mercredi 3 juillet 2013

Un record du monde à Céret

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Le pont du Diable à Céret

La construction du pont du Diable, enjambant le Tech à Céret, débute en 1321. Achevé en 1341, son arche unique, en pierre, a une portée de 45,45 mètres pour une hauteur à son sommet de 22,30 mètres. Il devient alors le plus grand pont à une arche du monde, détrônant le Pont de la Madeleine, également surnommé pont du Diable, d'une longueur de 38 mètres et situé en Toscane (Italie). Il n'est pas anodin de savoir que ce pont toscan avait lui-aussi dépassé quarante-et-un ans plus tôt un autre pont du Diable, situé à Martorell en Catalogne.
Le pont du Diable de Céret sera par la suite lui-même détrôné en 1356 par le pont Scalinger, d'une longueur de 48,30 mètres et situé à Vérone (Italie). Le pont du Diable aura donc tenu le record du monde pendant quinze ans, de 1341 à 1356.

Source : Liste des ponts en arc les plus longs (Wikipédia)
Photo: Par PMRMaeyaert (Travail personnel) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons


Cette chronique vous a plu, déplu ou vous y avez trouvé une erreur ?

Partagez-la ou laissez-moi un commentaire !